La deuxième aventure policière du sympathique inspecteur de police Joao Da Costa vient de paraître aux Editions Guy Binsfeld sous le titre « In Articulo Mortis ». Une excellente occasion de rencontrer son inventeur, Pierre Decock.
Monsieur Decock, la deuxième aventure de Joao Da Costa, jeune inspecteur de la Police judiciaire luxembourgeoise, vient de paraître aux Editions Guy Binsfeld. Connaissez-vous personnellement quelqu’un comme Joao Da Costa ou est-il simplement le fruit de votre imagination ?
Je me suis bien entendu renseigné sur l’organisation et les carrières au sein de la Police Grand-Ducale, mais Joao Da Costa était à la base un personnage de composition. Pourtant, il est bien à l’image de ces immigrés de deuxième génération, qui sont nés, ont grandi et ont étudié au Luxembourg et qu’on va retrouver parfois comme gérants, avocats… ou inspecteurs de la Police Judiciaire ! Cela m’a depuis été confirmé par le service Communication de la Police Grand-Ducale.
Après la sortie de mon premier roman, j’ai appris qu’un jeune Portugais de mes connaissances allait rentrer à l’école de Police : il envisage une carrière à la PJ… Peut-être a-t-il lu mes livres ?
Et les investigations de Da Costa ? Vous êtes-vous inspiré de cas réels ?
Je n’ai mis en scène aucun cas réel (inutile de risquer un procès), je préfère laisser libre cours à mon imagination. Néanmoins, tous mes scénarios reposent sur des bases plausibles. Toutes ces histoires m’ont demandé de faire un travail préparatoire, des interviews ou des recherches. Un grand nombre d’éléments matériels sont d’ailleurs tout à fait authentiques. C’est une chose qui plaît dans mes livres : même si le lecteur sait que ce n’est pas vrai, il sait aussi que cela pourrait l’être !
Votre Joao Da Costa est d’origine portugaise. Pour quelle raison avez-vous fait ce choix au lieu d’inventer un héros à la « Stacklëtzebuerger » ?
Joao Da Costa est un peu à mon image… un Luxembourgeois d’adoption qui cherche sa place dans notre petit monde. La société luxembourgeoise est en pleine mutation. J’aime cet exemple d’intégration réussie, parce qu’il me permet de jeter un regard un peu décalé sur le Grand-Duché… un regard parfois malicieux, ironique, mais jamais méchant.
Après la parution du premier roman, « De Profundis », la presse luxembourgeoise avait surtout salué le fait qu’enfin un auteur francophone avait écrit un policier situé au Luxembourg. Cette réaction vous a-t-elle surpris ?
Un peu… Je suis loin d’être le premier auteur luxembourgeois à rédiger un policier en français. Il est vrai que dans mon cas, le français est ma langue maternelle et je serais bien incapable, à l’instar de mes excellents confrères, de publier avec tant d’aisance dans nos trois langues usuelles ! Cela dit, ceci donne peut-être à mon style quelque chose de plus naturel.
Est-ce qu’il y aura une troisième aventure de Da Costa ?
Bien entendu ! Même si mon prochain roman portera sur un sujet très différent (surprise !), deux épisodes de Joao Da Costa sont déjà sur les rails ! Allez… encore un petit effort et nous aurons la matière pour une future série télévisée !